La cuisine végétale, un mouvement de fond

6 avril 2018
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6 avril 2018 DEPUR Team

          Le végétal ne s’immisce pas que dans notre environnement au quotidien, il arrive également à grands pas dans nos assiettes. 41% des Français déclarent avoir augmenté leur consommation de produits végétaux et 50% des Français désirent l’augmenter. (Ifop/Lesieur)

De nombreux régimes alimentaires existent de nos jours. Mais quelle différence entre un omnivore, un flexitarien, un végétarien ou un végétalien ?

Un omnivore se nourrit de toutes sortes d’aliments, d’origine animale ou végétale, en fonction des saisons, des disponibilités et de leurs goûts.

Un flexitarien privilégie les légumes et consomme de la viande en moins grande quantité mais de meilleure qualité. En 2015, 25% des foyers comportaient au moins 1 flexitarien et 34% en 2016 (Kantar Worldpanel). Les flexitariens représentent 9% de la population française et 43% essayent ou l’envisagent. (Ifop/Lesieur)

Un végétarien, quant à lui, ne consomme aucune chair animale. 4% des Français sont végétariens et 26% l’essayent ou l’envisagent.

Enfin, un végétalien exclut tout aliment d’origine animale. 3% des Français sont végétaliens et 14% l’essayent ou l’envisagent.

 

D’où vient cet engouement pour la cuisine végétale ?

        Plusieurs facteurs contribuent à l’essor de la cuisine dite « végétale ».

Tout d’abord, l’évolution démographique joue et va jouer un rôle essentiel. La population mondiale qui s’élève actuellement à 7,6 milliards devrait atteindre 8,6 milliards en 2030, 9,8 milliards en 2050 et 11,2 milliards en 2100 (ONU, 2017). Ainsi, il deviendra de plus en plus difficile de subvenir aux besoins en protéines animales de l’ensemble de la population.

Ensuite, plusieurs études ont été faites remettant en cause la consommation de certains aliments. L’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale) insiste sur la nécessité de limiter la consommation des viandes, hors volailles, et plus encore des charcuteries et des boissons sucrées, pouvant contribuer à l’apparition de certaines maladies.

Grâce à un accès à l’information plus aisé via internet, les consommateurs prennent  également conscience des conséquences de l’élevage intensif. Selon une étude menée par Diploméo en 2017, 47% des sondés n’ayant pas fait le choix d’une alimentation végétarienne ont envisagé réduire leur consommation de viande.

Leurs raisons sont multiples : 54% des jeunes interrogés y ont songé pour la protection des animaux, 49% pour la préservation de l’environnement, 43% pour des raisons de santé, 21% en raison des récents scandales alimentaires. (diplomeo)

Finalement, les différents scandales alimentaires — le lait infantile Lactalis contaminé aux salmonelles (2017), les oeufs avec du fipronil (2017), les lasagnes Findus à la viande de cheval (2013), et bien d’autres — ont amenés à une baisse de confiance de la part des consommateurs pour les produits agro-alimentaires.

 

Passer au végétal, un besoin sociologique

      En 2016, 79,75% de la population française vit en milieu urbain (Perspective monde). Les plantes envahissent nos intérieurs, nous partons « un week-end à la campagne pour respirer », nous évitons de consommer des produits transformés, nous réduisons voire stoppons notre consommation de viande et de poisson… mais pourquoi ?

« Le végétal apparaît comme apaisant et réconfortant » Eric Birlouez, sociologue de l’agriculture et de l’alimentation.

La quête de nature et de naturel est devenue une  tendance structurante de l’alimentation contemporaine. Malgré le fait que cette nature soit souvent idéalisée par le consommateur, elle joue néanmoins en faveur des aliments végétaux et, plus particulièrement, des aliments bruts ou peu transformés.

Nous assistons à une réelle transition alimentaire de la part de nombreux Français. Dans une société où nous sommes soumis à de constantes pressions, nous avons besoin de nous ressourcer, de retrouver un certain bien-être mental, du plaisir, de la sureté, du réconfort.

« Il ne suffit pas qu’un aliment soit bon à manger, encore faut-il qu’il soit bon à penser » Claude Levi-Strauss

Et les industriels l’ont bien compris. Outre les marques spécialisées dans les produits alimentaires bio, végétariens ou végétaliens — Bjorg, Sojasun, Soy, Céréal… —, de nombreuses enseignes de la grande distribution se sont mises au vert également ! Nous pouvons citer Carrefour avec sa marque « Veggie », Monoprix avec « Vegan Deli », Leclerc avec « Nat & Vie »…

Même des marques spécialisées dans la production de produits d’origine animale joignent le mouvement. Nous pouvons citer Herta, Fleury Michon et même Le Gaulois ! 

 

Qui sont les consommateurs ?

        Quand nous parlons de régime alimentaire végétal, les avis tergiversent concernant le type de consommateur. Pour quelques uns, ils l’assimilent à des hippies, pour d’autres à des femmes cadres, pour certains à des bobos voulant soulager leur conscience…

Mais au final ? Le mouvement végétal est un mouvement de fond démocratisé où les consommateurs ne répondent à aucun profil spécifique. Des jeunes, des anciens, des citadins, des ruraux…

Et vous, ça vous tente ?

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